Lâcher-Prise

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Lâcher-prise est quelque chose d’important. C’est une aptitude à nous adapter, à accepter ou à nous abandonner, qui nous aide à traverser la vie et ses difficultés.

Le problème, c’est que le lâcher-prise, tel qu’évoqué régulièrement ci et là, nous est désormais imposé comme un processus de contrôle qui est censé nous amener nécessairement au bonheur.

Il entre dans une logique de diktat : il nous faut être heureux parce que quelqu’un l’a décidé. Et si nous n’avons pas accès au bonheur c’est parce que nous ne savons pas lâcher-prise.

Présenté ainsi, le lâcher-prise n’est plus un art de vivre ou un rapport au monde : il devient un concept marketing dont le seul but est de nous faire culpabiliser afin que nous consommions du coaching, des anti-dépresseurs et des stages de reconnexion à la nature.

Je n’ai aucun problème avec le lâcher-prise.

Ce qui m’agace, c’est la pression que l’on nous impose au regard du bonheur que nous sommes censés mériter : il nous faut être zen, recentrés, à l’écoute, communiquant etc. Et si nous n’y arrivons pas, il faut absolument régler cela.

Le bonheur devient alors un objectif de performance et le lacher-prise en est l’outil.

Comment se sent-on après avoir lu un bouquin de développement personnel ? D’abord chargé d’espoir car on se met à rêver sa réussite, puis chargé de culpabilité et parfois de tristesse, lorsque l’on réalise qu’appliquer des recettes ne fonctionne pas.

Petite dose de contre-culpabilité avant d’aller plus loin : vous n’êtes pas obligés de lâcher-prise. S’il est important pour vous de garder le contrôle, parce que vous avez beaucoup d’angoisse et que vos émotions vous submergent et bien… c’est ainsi. Personne n’a le droit de vous forcer à vouloir changer cela.

Vous êtes colériques, jaloux, peureux, romantiques, obstinés ou hyper-sensibles ? Cela ne fait pas de vous de mauvaises personnes. Juste des êtres humains, parmi tant d’autres.

Si vous acceptez cela, sans jugement ni culpabilité, là pour le coup, vous commencez à lâcher- prise.

« Vous le valez bien, le bonheur est à portée de main… » Non.

Nous ne sommes pas dans un supermarché où l’on peut décider de tout et obtenir tout de la vie. Nous n’avons pas été placés sur terre pour nous comporter une vie entière comme des enfants immatures capricieux qui exigent un bonheur qu’on leur a promis.

Et puis, si on nous le donnait ce bonheur fantasmé, serait-on vraiment capable de l’apprécier ?

Tant que l’on pense que l’on est aux commandes de nos vies nous ne sommes pas dans le lâcher- prise. Nous sommes alors juste chargés d’ego. Nous nous prenons pour des dieux.

Le lâcher-prise, le vrai, est un acte d’humilité.
Lâcher-prise, c’est agir sans peur les conséquences émotionnelles de nos actes.

Lâcher prise c’est accepter de découvrir qui l’on est vraiment, même si ce que l’on découvre ne nous plaît pas et nous terrifie, et au final, ne pas se juger pour cela.

Lâcher prise c’est accepter les événements de la vie, et les dépasser en changeant notre rapport aux choses.

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