Ne cherchons plus le succès ou le bonheur : provoquons l’émergence !

C’est une tendance très actuelle : il faut réussir et réussir vite.

« Si vous lancez une entreprise et que ça ne fonctionne pas en 2 ans, mieux vaut tout arrêter et commencer autre chose ».

Voilà les mots que j’ai pu entendre récemment dans une grande école de commerce à l’attention des futurs diplômés.

Je vous laisse imaginer le niveau de désillusion qui peut être atteint sans aucun recul par rapport à ce genre de discours.

La tendance se retrouve de partout : dans la recherche d’emploi, dans la progression des cadres au coeur des organisations professionnelles, dans les épreuves de concours dans le service public etc.

Désormais, il faut que ça ‘dépote’.

La progression n’intéresse plus si elle est trop lente.

L’important : la victoire, la réussite, le shot d’énergie brute qui va nous permettre de nous sentir bien, nous sentir heureux. C’est une sorte de fantasme qui nous laisse penser que lorsque nous aurons atteint une forme d’état de grâce, et bien nous n’aurons plus à lutter.

La réalité est que derrière une promotion, une augmentation, un accord, un nouveau client etc… il n’y a rien d’autre que la vie. L’euphorie est courte, et derrière, le combat continue.

Mais cela, nous ne voulons pas le voir.

On veut du bien-être ! On veut du bien-être !

Un bien-être que l’on va consommer comme un yaourt à 0%, vite fait, bien fait, sans s’attarder sur tout ce que l’on aura vécu et ressenti entre-temps.

Et surtout pas ce qui aura été désagréable : frustration, peur, doute, désillusion. Non, non, non : nous n’en voulons plus. Et puis nos parents ont assez souffert comme ça, nous, nous ne sommes pas censés souffrir.

Et pourquoi tout ça ? Mais parce que nous le valons bien. C’est la dame aux cheveux de nacre qui l’a dit.

Et puis nous, nous avons de l’ambition. Pas comme nos parents qui eux se satisfaisaient d’une maison, d’une famille, d’un boulot et d’un peu de loisir de temps en temps. Donnez-nous du bon, du beau, du positif.

Et pour le reste, tout ce qui peut nous faire grandir, tout ce qui peut nous charger d’émotions, tout ce qui nous permet de ne pas reproduire systématiquement les mêmes erreurs, nous n’en voulons pas.

PAUSE.

Beaucoup d’égo tout ça.

Comme si nous pouvions décider de ce que nous voulons ou ne voulons pas vivre.

Vouloir tout réussir, à tout prix en un minimum de temps, n’est pas possible. Chaque action provoque des conséquences, les esprits doivent s’adapter, il faut tirer des leçons, s’adapter, changer de cap après avoir pris conscience que la réalité est souvent assez éloignée de ce que l’on avait imaginé.

Et puis peut-être échouerons-nous. Plusieurs fois parfois.

Essayons plutôt de voir chaque étape de la création d’un projet, du lancement d’entreprise, d’une démarche personnelle ou de la mise en oeuvre d’une action collective, comme nécessaire à la rencontre des acteurs, à la maturation des esprits, à la mise en oeuvre des actions et à la libération progressive des énergies.

Penser trop vite la réussite, individuelle ou collective, mène systématiquement à terminer mentalement le projet avant même qu’il n’ait commencé.

C’est ce que résume la captation graphique en début de billet, que j’ai réalisée il y a peu à propos du financement des startups : sortir du fantasme et créer un processus de mutation temporel afin d’atteindre l’émergence, c’est à dire le moment où le projet, la société, l’application, la réorganisation etc commencera à vivre et qu’il faudra accompagner dans le temps.

Chaque projet n’est qu’une succession d’étapes. Pour tenir le coup et sur le long terme, le mieux est définitivement de ne plus fantasmer une forme de réussite ultime, qui n’arrive jamais, qui n’existe pas, et se concentrer plutôt sur l’émergence de l’étape suivante.

Laurent.

 

Le 19 Mai à Marseille

Le 27 Mai à Aix-En-Provence

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