Bon anniversaire Manantra : En quoi 5 ans d’entreprenariat ont transformé ma vie

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C’était il y a 5 ans de cela.

Après 6 mois de réflexion, de cogitations et de souffrance, à peser le pour et le contre, à essayer de comprendre ce qui m’arrivait, j’ai fait quelque chose de complètement fou.

J’ai quitté la Fonction Publique Territoriale.

Alors que, après 9 ans passés dans la même collectivité, je bénéficiais des conditions professionnelles les plus favorables qui soient – la reconnaissance de mes pairs, un poste de directeur adjoint, 3700 euros net de salaire, une prime de fin d’année, une voiture de service, des congés, des tickets restaurants etc – je me suis fait hara kiri, tout seul, comme un grand, afin de vivre une vie complètement différente.

Une vie de liberté.

Moi, qui vantait les mérites d’un management juste et courageux, qui disait qu’il avait une vision sur la manière dont devait être mené le service public, j’ai quitté le navire. J’avais tout pour être heureux, mais je ne l’étais pas. Convaincu d’avoir toujours fait le bon choix, j’ai réalisé que j’avais aussi fait certains choix qui correspondaient à ce que je pensais que les gens attendaient de moi.

Artisan de la propre prison capitonnée que je m’étais construite pendant quinze ans, j’ai décidé d’attaquer les cloisons à mains nues. Et je suis parti. Seul. En croisade.

C’était il y a 5 ans de cela. Et franchement, quand je repense aux bêtises, idéaux et grands concepts mélodramatiques que j’exprimais à l’époque, sur le fait d’être entrepreneur, je me dis qu’il est vraiment temps de comprendre pourquoi je me sens si éloigné de ce que j’exprimais à cette époque.

Cette expérience m’a transformé. Ou du moins a transformé ma vision des choses et des gens.

Devenir entrepreneur est définitivement le meilleur choix professionnel que j’ai fait tant cela a eu des conséquences à de multiples niveaux, professionnels et personnels. Pour l’instant, cela ne m’a pas apporté tout ce que je désirais mais cela m’a surtout apporté ce dont j’avais besoin. Les roustes y compris.

Etre entrepreneur en France, entendez « petit entrepreneur » à notre époque, ce n’est même plus un défi. C’est un sacerdoce, à la limite de l’acte sacrificiel. La tourmente peut être tellement âpre qu’elle vous pousse dans vos retranchements intellectuels, émotionnels, physiques, spirituels les plus profonds et, à certains moments, vous ne pouvez plus vous raccrocher qu’au seul fait que votre croyance est la bonne et que vous êtes bien là où vous devez être.

Comprenez-moi bien : je n’écris pas ce billet pour vous dire uniquement combien être son propre patron peut être difficile. Je l’écris pour vous dire combien les  succès sont intenses et combien les difficultés vous transforment.

Ainsi donc, puisqu’il est question de bilan, voici après cinq ans, un bilan personnel qui j’espère vous aidera dans votre parcours personnel, quel que soit votre statut professionnel actuel.

Petit rappel avant de vous laisser lire ce qui suit : 06 Mai 2014 – Séminaire Gratuit « Un plan d’action pour sortir de l’impasse professionnelle ! » et 30 Mai 2014 – Formation : Protéger ses ressources personnelles et Reprendre le contrôle de sa vie professionnelle

Bonne lecture.

  • Je suis responsable de tous mes échecs et de toutes mes réussites

Il est facile de dire que lorsque l’on rencontre des problèmes, c’est la faute de la crise ou que c’est la faute des clients, des fournisseurs etc. Mais se poser en victime ne change en rien la donne et n’est jamais révélateur de la vérité. Nous créons ce qui nous arrive. Moi le premier. Si mon activité connaît des difficultés, c’est parce que je commets des erreurs de stratégie ou de positionnement. Et dans tous les cas, si ça coince, c’est à moi de faire bouger les choses pour que cela se débloque. Nous sommes parfois face à des portes qui ne s’ouvrent pas. Soit c’est parce que nous ne tapons pas à la bonne porte, soit c’est parce que  nous n’avons pas la bonne clé, soit nous sommes face à la bonne porte, avec la bonne clé, mais nous ne sommes pas prêts à l’ouvrir. 100% de mes succès sont miens et je les partage pleinement avec mes partenaires et soutiens. 100% de mes erreurs sont miennes et n’appartiennent qu’à moi.

  • Je suis devenu croyant

Je n’ai jamais fréquenté les églises mais il m’est arrivé de prier, je ne sais qui, je ne sais quoi. Par exemple, pour que les miens soient en bonne santé et qu’il ne leur arrive rien. Nous faisons tous cela. Certains appellent cela Dieu. Jusqu’à présent j’appelais cela de l’espoir. Mais ces derniers temps les choses ont changé. Dans les moments difficiles, j’ai parlé à Dieu – c’est une image bien sûr. Ne voyez pas en ces mots la transformation du pragmatique que je suis en un illuminé parlant aux êtres célestes. Cela n’arrivera pas. Mais disons que, confronté à mes propres limites et à certains blocages que je rencontrais, j’ai du m’en remettre à quelque chose de plus grand. Dépassé par certains évènements, j’ai demandé de l’aide. Parfois je lui ai demandé de m’envoyer un signe. Et puis je lui ai dit qu’il ne coulerait pas Manantra Concept. Que je ne le laisserai pas faire. Parce que c’était trop important. Avec du recul, c’est surtout à moi-même que je parlais.

  • Une équation du succès ne résout rien !

Disons que vous avez les compétences, l’argent, le soutien des vôtres, des idées, des ressources et de l’énergie, des clients potentiels et une bonne image de marque. A priori, le succès sera toujours au rendez-vous. Et bien non. Dans l’entreprenariat, comme dans d’autres domaines de la vie, il y a des gagnants et des perdants. Et avoir tous les atouts en main ne suffit pas. Parfois le gagnant a un mauvais produit mais sera soutenu par un fort réseau de partenaires influents et répondra a la demande de la clientèle. Il aura une très mauvaise image de marque mais les gens auront peur de le quitter. La qualité, l’excellence, tout ça… Cela ne suffit pas sans des partenaires engagés pour soutenir la démarche.

  • L’adversité ne forge pas le caractère. Elle le révèle.

Une égratignure fait mal la première fois. Après le centième coup de griffe, vous ne sentez plus rien et vous êtes prêts à recevoir la suite du programme. Quand vous êtes raclé jusqu’à l’os mais que vous savez que vous êtes toujours là, il n’y a aucune raison pour ne pas continuer. Jeudi 25 Avril, j’ai fait un discours à mon club Toastmaster. A 4 min de discours, je fais un début de malaise. Stress et mauvais hamburger mangé à la va-vite commençaient à avoir raison de moi. Je suis sorti prendre l’air. Je me suis rafraîchi… j’ai inspiré mais j’y suis retourné. A une époque, le petit adolescent geignard de 30 ans que j’étais aurait utilisé le malaise comme prétexte pour ne pas terminer et se faire plaindre. Ce soir-là, à part le fait de tomber effectivement dans les pommes, rien ne pouvait m’empêcher d’y retourner.

  •  Je ne peux accompagner que les gens qui sont prêts à s’aider eux-mêmes

Un entrepreneur débutant veut changer le monde. Un entrepreneur qui a pris du recul invite le monde à se changer lui-même. La majorité des gens rêvent de grands changements mais ont peur de faire un tout petit pas de rien du tout. Je ne peux accompagner que ceux qui sont prêts à faire ce petit pas. Et au mieux, je n’aide les gens qu’à faire ce petit pas. Il représentera quelque chose d’énorme pour eux, mais ce ne sera qu’un petit pas. Mais c’est déjà pas si mal.

  • La seule liberté que l’on ait, c’est celle de choisir ses contraintes

Les avantages du travail en solitaire sont énormes. Les récompenses et les émotions sont vraiment jouissives. C’est une école de vie incomparable. Mais il y a des contreparties. Ceci étant, je préfère avoir des problèmes de chiffre d’affaire que de revivre une seule minute dans un environnement où la moindre décision prendra quatre comités de direction pour être finalement remise à plus tard. C’est un choix et cela représente une forme de liberté. A part cela, la liberté idéale et absolue à 100% n’existe pas. La liberté, comme le succès ou la motivation sont des choses qui ne peuvent être définies de manière globale et universelle par des paramètres extérieurs aux individus. Il y a autant de libertés, de succès, de motivation ou d’accomplissements qu’il y a de gens.

  •  Nous sommes plus que notre métier

Je ne suis pas mon métier. Vous pouvez essayer de me mettre n’importe quelle étiquette professionnelle sur le front je suis avant tout moi-même et j’avance au quotidien grâce à ma personnalité, défauts y compris. Cela est vrai pour moi autant que pour vous. Les gens veulent travailler avec moi par rapport à ce que je renvoie comme image et sentiments. En aucun cas parce que je dis que je suis un bon coach. Nous sommes plus que notre métier et si nous en prenons conscience, de nouvelles opportunités s’ouvriront à nous. J’ai noué des relations avec certaines personnes que j’ai aidées – pour leur concours ou dans leur cadre professionnel – qui vont bien au-delà d’un simple coaching. Nos individualités font que nous sommes ou serons partenaires professionnels un jour. Mais juste parce que nous sommes nous-mêmes et que nous sommes prêts à partager d’autres types d’aventures ensemble.

Récemment un patron de restaurant chez qui je vais manger régulièrement m’a proposé de prendre la gestion d’un de ses établissements. Et le fait que je sois coach avec un joli diplôme et un beau site web ne l’intéressait en aucun cas. Il s’en fout royalement pour parler trivialement. Il voulait juste travailler avec moi. Je n’ai pas accepté. Mais j’ai mis trois semaines avant de lui dire non.

  •  J’ai arrêté de projeter vers l’avenir. Je préfère explorer.

J’ai passé beaucoup trop de temps à me dire « Si je fais ceci, quelles seront les conséquences ? « . Si j’avais du me poser la question de l’utilité et de la pertinence de cet article, je serai encore en train d’y réfléchir. Plutôt que de projeter vers l’avenir sur le long terme, en cherchant les réponses et les conséquences de mes actes, je préfère faire un pas chaque jour et voir ce qui se passe; observer ce que je ressens. Je ne saurai pas immédiatement à quoi cela contribue mais un jour, dans 1 semaine, 1 mois, 1 an, je me retournerai et je regarderai le chemin parcouru. Et là les réponses viendront.

  • Je ne sais rien. Tout est possible. Les bilans sont toujours temporaires

Ce bilan ne vaut que pour quelques temps. Dans les mois et années à venir, je vais faire de nouvelles découvertes sur moi-même et sur la vie d’entrepreneur. Peut-être que ces dernières remettront en cause ce qui vient d’être écrit. Nous verrons bien. Ce n’est pas bien grave. Tout est possible, nous ne contrôlons rien. On ne peut pas tout faire, mais on a le droit de tout tenter pour se sentir mieux.

A bientôt.

Laurent.

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Rappel : 

3 commentaires

  1. Bon anniversaire. En espérant que votre aventure se poursuive encore de nombreuses années.

    Et merci de partager ainsi vos sentiments sur votre « aventure personnelle ». J’apprécie énormément lire vos témoignages de « fonctionnaire / entrepreneur ».

    J’envisage moi aussi ce type d’aventure / rupture professionnelle et débute actuellement une activité en tant qu’auto-entrepreneur en cumul d’activité. Votre parcours constitue un réel encouragement pour passer à l’action, pour prendre en main son avenir professionnel. Bref d’arrêter de seulement rêver son futur pour au contraire entreprendre de le construire concrètement jour après jour.

    Merci.

    • Bonjour Nicolas.

      Merci pour vos souhaits et bonne chance pour ce pas que vous allez faire. Cela vous changera dans tous les cas et vous permettra de voir les choses autrement.

      Il faut savoir effectivement arrêter de rêver sa vie. Il faut au contraire vivre ses rêves. Très cliché comme phrase je sais 😉 Et pourtant cela est tout de même vrai.

      On a au moins le droit d’essayer de créer quelque chose. L’important c’est ce que l’on en retire à terme.

      Tenez moi au courant de votre progression.

      Bien à vous.

      Laurent.

  2. Bonjour M. BOGHOSSIAN,

    Joyeux anniversaire Manantra.
    Je vois que vous avez trouvé votre « Graal » et je suis heureux pour vous.

    De mon côté, je cumule mon emploi dans une université, où je suis chargé de l’inventaire physique, et une activité accessoire de formateur en français. Je travaille par le biais d’une société de portage salarial.

    Depuis janvier 2014, j’enseigne le français à des adolescentes en section sport-études.
    Je n’avais jamais pensé que j’exercerais un jour ce type de métier. Finalement, je me rends compte que je prends un plaisir énorme à transmettre mon savoir à ces gymnastes très motivées.

    Je constate le contraste important entre rester toute la journée devant un écran d’ordinateur et enseigner à des adolescentes.
    Pourtant, j’ai toujours eu peur d’enseigner. J’ai donc consenti à le faire avec beaucoup d’angoisses. Finalement, j’ai bien fait d’accepter ce type de mission. J’ai trouvé un sens à ma vie et c’est cela qui est le plus important.

    L’abbé Pierre disait : « une vie faite de consentement est bien plus riche qu’une vie faite de choix ».
    Je vous laisse méditer son propos.

    Je vous souhaite beaucoup de réussite.

    Je vous donne rendez-vous le 6 mai 2014 pour votre séminaire.

    À bientôt M. BOGHOSSIAN.

    Hervé Jault

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