Les femmes pratiquent-elles les sports extrêmes pour être supérieures aux hommes ?

 

Steph-Davis-profile-3

Bonjour à tous.

Il y a quelques temps de cela, j’ai été sollicité par un magazine du Moyen-Orient qui souhaitait connaître l’avis d’un coach, ou psychologue, sur les raisons qui pouvaient amener les femmes à s’engager dans des sports dit extrêmes dont la légende suppose qu’ils  sont à la base réservés aux hommes. La question à laquelle je devais répondre était : les femmes pratiquent elles les sports extrêmes uniquement pour se sentir supérieure aux hommes ?

Mon point de vue sur la question en quelques mots : les femmes pratiquent ces sports extrêmes avant tout pour se sentir elles-mêmes.

Comme tout sportif le ferait.

Le genre n’a rien à voir avec cela. Toute personne pratiquant le sport, et a fortiori un sport extrême, le fait pour aller au bout de lui-même afin se découvrir physiquement, mentalement, émotionnellement et spirituellement à chaque nouvelle étape.

Ainsi, entre coaching, psychologie, philosophie du sportif et spiritualité, j’ai vraiment eu envie de mettre tout cela par écrit. Motivé par cette demande, j’ai accepté cette proposition qui m’a permis de m’investir dans ce sujet qui me tient vraiment à coeur.

Je vous en souhaite bonne lecture et attend vos commentaires avec impatience.

———————————————————————————

De plus en plus de femmes semblent être attirées par des sports qualifiés d’extrême – comprendre : des sports généralement réservés aux hommes – tels que de longs triathlons (par exemple la course/ Marathon dans le Sahara – une course brutale et intensive de 6 jours en plein désert du Sahara), l’escalade, les arts martiaux, le snowboard, etc.Pourquoi les femmes sont-elles attirées par de telles activités ? Cela leur donne-t-elle un sentiment de supériorité ? de réalisation personnelle ? Ces activités les aide-t-elles à prouver qu’elles peuvent faire autant que les hommes, voire plus. D’un point de vue psychologique, cela remplit-il un vide ?

La pratique de sports extrêmes représente pour quiconque une opportunité d’explorer de nouvelles sensations au niveau mental, spirituel et physique mais surtout, ces activités permettent avant-tout de dépasser des limites personnelles. En outre, la pratique de telles activités permet à un certain niveau de nous charger d’adrénaline, de casser la routine du quotidien et d’explorer certains aspects de notre personnalité dont nous ne sommes pas toujours conscients. Au travers du danger et de la peur, nous testerons nos limites afin de savoir de quoi nous sommes réellement capables et de quoi nous sommes réellement faits.

En tout état de cause, dans le monde moderne qui est le nôtre, la technologie, les établissements sportifs, les entraîneurs et coachs compétents sont désormais facilement accessibles, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes. Certains pratiquent même en couple. Ainsi, dans un tel contexte d’ouverture et de disponibilité, il n’existe aucune raison valable, mais vraiment aucune raison, pour laquelle les femmes ne pourraient se sentir autorisées à pratiquer des sports extrêmes, quels qu’ils soient, juste parce qu’elles ne sont pas des hommes.

martial-arts

Les êtres humains aiment les activités extrêmes tant elles représentent une opportunité de dépasser leurs propres peurs, d’entrer dans une logique de développement personnel, et de renforcement de la confiance et de l’estime d’eux-mêmes. Lorsque vous arrivez à glisser en douceur, sans tomber, sur une piste de ski étroite avec un snowboard; lorsque vous vivez l’expérience de l’air qui maltraite la peau de vos joues lors d’une chute libre, vous savez que vous êtes un peu plus fort que ce que vous l’étiez auparavant. Puisque vous l’avez fait une première fois, vous savez que vous pouvez le refaire. Ce genre de sensation amène généralement les individus, hommes ou femmes, à se sentir un peu mieux avec eux-mêmes (estime de soi) et d’être bien plus confiant quant à leurs aptitudes (confiance en soi).

L’objectif d’un sport extrême est de vivre quelque chose de différent, quelque chose de fort permettant de se sentir vivant et d’expérimenter des sensations sans aucune retenue ; afin qu’elles restent en nous tout au long de notre vie.

Ceci étant, avant tout chose, la plupart des personnes – hommes et femmes confondus – qui s’impliquent dans de telles disciplines sportives le font avant tout par passion, parce qu’elles le désirent plus que tout. Il n’existe pas d’autre réelle motivation que la motivation personnelle et les sports extrêmes évoqués ici nécessitent d’avoir en soi une motivation sans faille.

Le sport se pratique avec le coeur avant même de le pratiquer avec le corps.

Il est impossible d’aller au bout d’activités telles que la chute libre ou le triathlon par pure stratégie. On s’engage dans de tels sports le coeur chargé d’envie et de détermination, parce que l’on veut s’en délecter et ressentir sans limite le plaisir et la souffrance procurées. Ce n’est pas tout : un autre levier de motivation pour ce genre de sports peut être le défi ou l’accomplissement personnel. Dans ces cas-là, la motivation réside dans le fait de créer quelque chose d’important, quelque chose qui mérite vraiment sa dose d’efforts, quelque chose de l’ordre d’une aventure que l’on souhaite partager avec d’autres.

En ce qui concerne les femmes, elles s’engagent désormais dans de telles activités parce qu’en tant qu’être humain, elles expriment leurs désirs de sensations au même titre que les hommes. Comme n’importe qui d’autre, elles voudront vivre ces activités seules, ou bien le partageront avec des amis ou leur compagnon. Cependant, comme pourraient en témoigner de nombreux athlètes de haut niveau, les personnes qui s’engagent dans des activités de sports extrêmes, le font avant-tout pour eux-mêmes, afin d’alimenter une relation qu’ils entretiennent avec la peur, le danger ou le plaisir. Ce genre de personnes, hommes ou femmes, sont en compétition avec eux-mêmes ; pas avec un genre. Le premier ennemi qu’affronte le judoka ou le champion de boxe thaï, c’est lui-même. Avant même de voir un adversaire, l’athlète affronte sa propre aptitude au découragement, il ressent sa peur de l’échec afin de la dépasser, il affronte son angoisse face à la réussite et sa peur du vide afin de la dissiper.

Purchase this image at http://www.stocksy.com:/107360

Hommes ou femmes, nous pratiquons les sports extrêmes parce que cela nous définit profondément.

Bien sûr que les efforts seront nombreux, provoquant souffrance et désillusion. Mais l’accomplissement personnel, le sentiment d’un travail abouti ou d’une mission accomplie, au travers de ces activités, ne peut émerger qu’au travers d’une lutte poussant le sportif dans ses derniers retranchements émotionnels, physiques et spirituels.

Ainsi, peut-être que certaines femmes relèvent le défi de pratiquer des sports extrêmes juste par volonté d’être supérieures aux hommes. Mais ce n’est peut-être pas le moyen le plus sain d’entamer ce genre de démarche sportive. Et sûrement qu’elles ne pourront aller au bout de la démarche si elles ne basent leur engagement que sur une lutte politique. S’impliquer dans un sport extrême, juste pour prouver quelque chose à l’humanité – comprendre “les femmes peuvent faire comme les hommes”, ne peut être l’unique source de motivation.

De nombreuses femmes ont un jour décidé de relever des défis impossibles – humains, politiques, entrepreneriaux ou sociaux – afin que la condition des femmes soient améliorées. Mais elles ont toujours démarré ces combats-là par conviction. Leur démarche s’appuyait sur une vision, sur un rêve, une détermination, un désir de vivre l’aventure à son comble afin d’entamer un chemin au cours duquel elles pouvaient donner le meilleur d’elles-mêmes.

Ce genre de combat se mène avec les tripes avant-tout.

Pourquoi décide-t-on de plonger en apnée à 120 mètres en dessous du niveau la mer ? Parce que cela nous appelle plus que tout et parce que l’on sait qu’au bout de cette apnée, il n’y a rien d’autre que nous-mêmes. Que l’on soit un homme ou une femme. Quelle est la seule chose que l’on trouve au bout d’une course de six jours dans le Sahara ?  Une fois de plus soi-même.

Après de telles épreuves, raclé jusqu’à l’os – émotionnellement et physiquement – l’âme à fleur de peau, débarrassé que nous sommes de l’étiquette d’homme, de femme, de sportif ou d’athlète, il n’y a plus de course, il n’y a plus de concurrents, de prix de médailles. Il n’y a plus rien d’autre que nous-mêmes, êtres humains complets et fragiles, masculins ou féminins, face à notre humanité, nos propres limites, notre plaisir et notre accomplissement de nous-mêmes.

A très bientôt,

Laurent.

logo-manantraviadeo

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s