Le burn-out décrypté (2/2) : Les candidats au burn-out

Deuxième article traitant de l’épuisement émotionnel ou burn-out. Après avoir défini ce syndrome dans l’article précédent, je vous propose aujourd’hui un autre extrait de mon ouvrage ‘Prendre en main sa carrière territoriale‘, qui décrit les caractéristiques des personnes qui seront les meilleurs candidats au burn-out.

Bonne lecture.

Pour imager le concept, le burn-out est un phénomène psychologique qui apparaît quand le moteur s’emballe chez les individus.

Ce moteur s’emballe lorsque, par leur ambition et leur volonté de changer les choses, les agents vont déployer une énergie considérable à vouloir contrer un système professionnel qui ne leur propose que de la frustration et de la désillusion.

Ces personnes vont petit à petit s’oublier eux-mêmes car ils n’ont qu’une seul idée en tête : montrer que l’on peut changer les choses et qu’il suffit d’agir avec logique et bon sens pour que l’environnement des collectivités locales s’améliore.

Certes, nous sommes tous différents face aux contraintes professionnelles qui nous sont imposées, mais le fait est que les candidats aux phénomènes de burn-out présentent souvent des caractéristiques similaires entre eux.

  • Ils se suradaptent tout le temps

Les candidats au Burn-out s’adaptent encore et encore à un environnement professionnel qui se dégradera jour après jour. Ils ne savent pas dire stop et fixer des limites.

D’ailleurs ils ne veulent pas dire stop. On leur a appris à être professionnel et, en tant qu’agent, il ne leur viendrait pas à l’idée de dire non ou de refuser un ordre direct.

Donc, ils absorbent les contraintes, refoulent leur colère, nient leur frustration et s’adaptent à un terrain professionnel qui les éloigne jour après jour de eux-mêmes.

  • Ils ne connaissent pas leurs limites

Les candidats au burn-out se surinvestissent et se croient invulnérables. Ils doivent tenir et ne pas céder. Ils ne peuvent passer pour quelqu’un de faible.

Parfois, ils se prennent même pour un messie ayant la vision absolue de ce qu’il faut faire et de comment il faut le faire.

Plutôt que de lâcher-prise en se relâchant, ils préfèreront se contracter un peu plus et continuer le combat même si leur colonne vertébrale est prête à craquer sous le poids de la tension nerveuse provoquée par l’environnement professionnel qui leur en demande toujours plus.

Parce qu’ils sont idéalistes, ils s’épuiseront physiquement et moralement à vouloir atteindre cet idéal qui, par définition, n’existe pas.

  • Ils font preuve d’un perfectionnisme absolu

Le perfectionnisme dont font preuve les candidats au burn-out est tel qu’ils fournissent toujours un travail d’une qualité supérieure à celle des autres. Pour cette raison, la douleur de voir certains de leurs collègues être félicités alors qu’ils sont connus pour être des incompétents notoires, démolira petit à petit la résistance de ces valeureux agents pour qui la qualité et le sérieux sont des valeurs fortes et fondatrices de leur personnalité.

  • Ils ne savent pas prendre de recul

Parce qu’ils son passionnés et engagés, la formule ‘Prendre du recul’ ne représente rien aux yeux des candidats au burn-out. Pour eux, il faut avancer, encore et encore.

Quelqu’un n’a pas compris ?

Ils prendront à leur charge d’expliquer les choses encore, encore et encore.

Quelqu’un ne veut pas faire ?

Ils feront en sorte d’essayer de le motiver, encore, encore et encore.

  • Ce sont des éponges émotionnelles

Les candidats au burn-out s’occupent trop des besoins et des demandes des autres et pas assez des leurs. Don Quichotte des temps modernes, ils souhaitent que tout le monde se sente bien au travail. Ils sont là pour trouver des solutions, pour organiser, pour faire en sorte que tout tourne mieux.

Et eux ? Peu importe. Ils ne comptent pas.

  • Si on aime leur travail, on les aime eux

Plus que tout autre fonctionnaire, les candidats au burn-out recherchent une reconnaissance absolue pour le travail qu’ils auront fourni. Ils cherchent systématiquement à être aimés pour leur attitude professionnelle, pour les résultats qu’ils obtiendront… et pas pour ce qu’ils sont vraiment.

  • Ils ont une ambition débordante

L’ambition de bien faire est un tabou dans la territoriale. Cela est mal vu. Quel dommage pour les candidats au burn-out qui portent en eux de telles ambitions pour un meilleur service public, une meilleure utilisation de l’argent, un vrai bien-être pour les agents …

Ainsi, parce qu’ils sont ambitieux, en quête d’absolu, passionnés, engagés, volontaires, intègres, idéalistes, énergiques, exigeants et parce qu’ils doivent affronter tous les jours une certaine inertie, un mauvais management et une logique malsaine de quête pour le pouvoir, ces personnes vont commencer à se brûler à l’intérieur et finir par exploser au final.

D’où le terme de burn-out.

Heureusement, comme nous le verrons dans le paragraphe VI – Etre Mieux, tout cela n’a rien d’irrémédiable.

Bien au contraire.

Parole de candidat au burn-out.

A bientôt.

Laurent.

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