Le burn-out décrypté (1/2) : Emergence de l’épuisement émotionnel

Syndrome moderne au possible, l’épuisement émotionnel ou burn-out, touche de plus en plus de monde dans l’environnement professionnel, qu’il soit privé ou public. Je vous propose aujourd’hui un premier extrait de mon ouvrage ‘Prendre en main sa carrière territoriale‘, où j’ai abordé cette thématique d’actualité.

Le burn-out est un syndrome de souffrance au travail qui correspond à un épuisement émotionnel dont les symptômes principaux sont une sensation de vide et une perte de repères professionnels forts.

Comment cela se concrétise-t-il dans les faits ? C’est très simple.

Les gens ont travaillé et ils se sont investis grandement dans un métier, un credo. Et un jour, ils claquent. Ils sont las. Epuisés mentalement. Ils n’y croient plus.

Inconnu pendant les dernières décennies et inconcevable au vu des conditions de travail plutôt favorisantes des agents territoriaux, force est de constater que le burn-out professionnel devient désormais monnaie courante dans la fonction publique territoriale.

Le fait est que ce vide professionnel et ce manque de sens observés tous deux chez les victimes de burn-out proviennent souvent d’une sorte de désenchantement qui aura plusieurs sources.

Au rang des facteurs déclencheurs de burn-out les plus communément observés : La déshumanisation de la relation à l’autre, le manque d’intégrité de nombreux décideurs et la perversion perçue de son propre métier.

La déshumanisation perçue, provient du cynisme organisationnel qui fait que, quelles que soient les conséquences, les raisons de l’organisation prennent désormais le pas sur l’humain. Souvent, s’il y a une réorganisation, la hiérarchie prendra en compte tous les aspects impliqués dans cette dernière (logistiques, compétences des collectivités, financières…) sauf les aspects humains.

En conséquence, les individus doivent affronter une sorte de désillusion professionnelle : on ne s’intéresse pas vraiment à eux. Et puis, on ne cesse de le leur répéter : « S’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à aller voir ailleurs. D’autres personnes font la queue pour devenir fonctionnaires ».

Parallèlement, le métier qu’ils aiment tant n’est plus le même. Une distorsion entre le métier tel qu’ils le voient, et la manière dont ils doivent concrètement le mener désormais, apparaît, renforçant cette désillusion. En fait, cette désillusion sera d’autant plus violente pour les agents, que l’idéalisation de leur métier et le surinvestissement qu’ils auront mis dans ce dernier, auront eux-mêmes été importants.

Tout à coup, les rêves du début de carrière sont bien loin. L’ambition de bien faire disparaît.

Pourtant, malgré la frustration et l’envie de se désinvestir au quotidien, les individus vont tenter de donner le change. Après tout : ils n’ont que ce métier-là dans les mains.

Pour donner le change, certaines personnes se noieront dans le travail quitte à justifier leur choix dans le déni. Erreur s’il en est, cette hyperactivité professionnelle amène systématiquement les agents à oublier leurs propres besoins, leurs propres valeurs afin de justifier l’ordre du monde.

Il faut courir encore, encore et encore.

« Je ne dois pas me trahir » se diront les plus intègres. Ou bien « Je ne peux décevoir mon manager ».

Car, soyons honnêtes même inconsciemment le manager est souvent complice du désenchantement professionnel de ses agents.

Non ?

Pourtant, les managers ont bien compris qu’ils en demanderaient toujours plus aux agents les plus performants et bien moins à ceux sur qui ils ne peuvent compter. C’est pour cette raison qu’ils reprocheront un retard de quinze minutes à un agent toujours à l’heure mais laisseront les plus fainéants arriver à 10h30 sans rien leur dire. Nous l’avons déjà évoqué plus haut dans cette partie.

Pourtant, les agents, tiennent et supportent un environnement de plus en plus éloignés de leurs valeurs car ils veulent paraître pour quelqu’un de normal.

Déjà que leur métier n’est plus le même et qu’ils en souffrent, ils n’ont pas envie en plus de passer pour quelqu’un qui créé des problèmes.

Que faire donc ?

Faire comme les autres :

  • Se noyer dans le travail afin d’obtenir une prime qui nous permettra de nous sentir mieux. Du moins pendant quelques jours.
  •  Attendre une bouffée d’oxygène au travers d’une semaine de congés ou d’un week-end.
  • Supporter tous ces agents incompétents qui profitent du système et qui verront leur note augmentée malgré tout par le manager et ce, pour raison de paix sociale.

Mais à force d’accepter, de vouloir se suradapter encore et encore, lorsqu’ils ne savent pas se protéger,  les agents risquent de ressentir à la fois les sentiments suivants :

  • L’inefficacité : il faut donner encore et encore mais rien ne change
  • Le doute de soi : je fais tout ce qu’il faut mais je ne suis pas heureux
  • La culpabilité : c’est ma faute, je ne suis pas normal, les autres sont heureux dans leur boulot. Je dois avoir un problème.
  • La démotivation : A quoi bon ? Travail bien fait ou mal fait, je serai toujours payé pareil
  • L’impuissance : Mais à quoi je sers  si je ne peux pas agir comme je veux ?
  • La désorientation : trop d’informations …. Qu’est-ce qui se passe ?
  • La honte : j’ai accepté en faisant bonne figure. Je me suis vendu.
  • Perte de sens : je ne sais plus ce que je veux.

Heureusement, tout le monde n’est pas victime de burn-out. Et pour ceux qui commenceraient à ressentir ce sentiment d’épuisement émotionnel fort, il y a de vrais moyens pour reprendre le contrôle de sa vie professionnelle.

Sans forcer.

Au contraire : en lâchant prise petit à petit.

La suite de cet article se trouve dans le billet suivant : Les candidats au burn-out.

A bientôt.

Laurent.

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Séminaire Rencontre avec Laurent Boghossian sur la thématique du Management: Affirmer son leadership, savoir dire non et garder son calme

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